ACROSS THE DAYS

HAPPY NEW YEAR ET AUTRES NAVETS 2011

Posted in ACROSS THE CINEMA, ACROSS THE DAYS by Louis Lepron on décembre 27, 2011

Récemment je suis allé voir un film. Je m’y attendais bien sûr. « Happy New Year ». Trois mots. Trois petits mots et, pourtant, quelque chose en moi a disparu après que je suis allé voir le film qui se cachait derrière ces trois petits mots. Un court instant, cette production m’a fait l’effet d’une mort. Celle de l’espoir dans le cinéma, dans le rêve américain, français ou même indien tant qu’on y est. Pour résumer, la mort de la vie.

Avec une brochette d’acteurs au firmament de leur talent, de Zac Efron à Robert de Niro en passant par Ashton Kutcher, il a fallu, aussi, que le scénario soit aussi plat qu’une planche à repasser : prenez le nouvel an; ajoutez-y la ville la plus exportable aux yeux du monde (en l’occurrence New York); saupoudrez de personnages et de situations niais; puis mélangez le tout en virant le metteur en scène, le directeur de la photo sans oublier le réalisateur. Au final, un beau merdier à l’image d’un JPEG moche qui n’atteint pas son but (celui d’attendrir) mais réussit tout de même à faire rire (au regard de son indigence de sentiments mal joués). Qu’y voit t-on?

– Robert de Niro qui a décidé de saccager la fin de sa carrière. Loin du Parrain ou des Incorruptibles, le rôle de Robert de Niro est à l’image de sa fin de vie ciné : dans un lit, à faire une tête entre « You Fuck My Wife » et « Mafia Blues » tout en toussant avec un œil sur deux qui brille (comprenez que le cachet devait être assez gros pour vouloir choisir une telle production).

– Zac Efron est aussi à l’image de sa carrière : il en fait trop. Là il ne danse pas, mais sa tête à claque est tellement à claque qu’on a envie de lui faire manger son vélo devant Michelle Pfeiffer.

– Tiens, Michelle Pfeiffer, parlons-en. Elle aussi une gloire du cinéma américain, plantée dans « Happy New Year » option balais dans les fesses. Sauf que ça ne lui va pas, loin de là. Découvrant la vie à 60 ans comme on découvre les M&M’s à douze, la voilà transportée dans les rues de New York par son nouvel ami Zac. On aurait préféré espéré qu’un camion passe par là. Dommage, pas assez de budget cascade.

– Quant aux autres, ils continuent de rayonner : Ashton Kutcher a toujours 22 ans et est toujours attardé mental en mode jogging de Los Angeles. Jessica Biel est exaspérante en femme enceinte, Sarah Jessica Parker en maman poule et Katherine Heigl (Grey’s ANATEUBIES) est à se pendre dans le genre « j’ai 30 ans je vais squatter tous les rôles niais de la terre »

Après avoir écrit ces lignes, je viens de comprendre l’effet cathartique que peut avoir l’écriture sur l’être humain : un immense plaisir. Mais au-delà de « Happy New Year », 2011 fut aussi une année chargée en navets de toutes formes. Voici un petit top onze que je me suis fais un plaisir de concocter :

  1. Largo Winch 2 : déjà que le premier sentait le souffre, le deux sent la fin. Cette fois-ci, Largo Winch décide de faire de son entreprise familiale une fondation humanitaire. Bien sûr.
  2. Sex Friends : deux amis s’en vont faire un plan cul puis deviennent amoureux. Voilà, j’adore spoiler.
  3. Numéro 4 : lui, il est numéro complémentaire sur la liste des types-qui-ont-des-pouvoirs-et-qui-vont-mourir. Mais il est blond donc il va tous les buter. Pas con.
  4. Transformers 3 : 10 milliards et 300 millions d’euros dans les effets spéciaux, rien dans le casting. Fichtre, y a comme anguille sous pull.
  5. Cowboys & Envahisseurs : le directeur d’Iron Man aux studios : « les mecs, je vais vous faire un putain de film : ce sera un mélange entre « E.T » et Sergio Leone sur une musique entre Ennio Morricone version Tarantino et Philip Glass qui lui même rencontre Hanz Zimmer ». Les studios ont dit « oui », les spectateurs ont dit « non ».
  6. Shark 3D : après « Les Dents de la Mer » et « Piranha 3D », voici « Shark 3D », un condensé d’étudiants américains aussi cons que des requins perdus dans un lac.
  7. The Thing : comment reprendre le meilleur film de Carpenter et en faire une daube ? Il suffit juste de reprendre « The Thing » de Carpenter et d’en faire une daube. Précision : le faire en 2011.
  8. La Conquête : un rassemblement lourd de petites phrases inutiles. Mais connues de tous. Donc on fait un film. On prend Sarkozy. Cannes. Et paf, ça fait vendre.
  9. Twilight : Chapitre 4 – Révélation, 1ère partie : deux tiers des mariés divorcent. « Twilight » n’en a cure et fait un film juste sur le mariage et la lune de miel. Ça c’est une prise de risque. La seule du film.
  10. Apollo 18 : dans la droite lignée du « Projet Blair Witch », voici qu’on aurait aussi retrouvé les cassettes d’Apollo 18. Ben voyons. La prochaine fois on aura droit à quoi ? Les cassettes VHS de la troisième guerre mondiale ?
  11. Votre Majesté : pour finir, deux acteurs hollywoodiens, Natalie Portman et James Franco, s’en vont à une soirée hollywoodienne. Ils se droguent. Le lendemain matin, ils se rendent compte qu’ils ont signé pour un navet médiéval. Son nom ? « Votre Majesté ».

25 Réponses

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  1. Dolly said, on décembre 27, 2011 at 5:25

    Mon dieu, j’adhère à 200% à cet article.
    Merci, vraiment, ça fait plaisir d’apprendre qu’il y a des gens dans ce vaste monde qui ont du GOUT.
    Merci :).

  2. levolubile.wordpress.com said, on décembre 27, 2011 at 5:29

    le pire dans tout cela c’est que vous vous êtes sans doute tartiner ces films dans les salles obscures!
    sinon belle allégorie de « jeter l’argent par les fenêtres »!

    levolubile.com

  3. Ginger said, on décembre 27, 2011 at 5:36

    Je plains les gens qui ont assez de temps pour critiquer des œuvres, certainement pas les meilleures du cinéma certes, mais malgré tout des œuvres qui ont pris du temps et que vous seriez incapables de reproduire, aussi mauvaises soient-elles!

    Et même si ces comédies niaises sont très loin des grands films cinématographiques que l’on peine à produire à notre époque, elles sont toujours sympathiques à voir.

    Critiquer, c’est trop facile.

    • Across The Days said, on décembre 27, 2011 at 5:44

      Vous dites que ces oeuvres ont pris du temps ? Moi elles m’ont coûté de l’argent. Alors pour aller jusqu’au bout de cette logique, je me suis dit qu’une fois par an (regardez les autres critiques ciné d’Across The Days, elles sont majoritairement positives), je peux me défouler en bonne et due forme sur ces navets.

      Je me fiche de ne pas savoir faire un film car après tout je ne suis qu’un pauvre spectateur n’ayant aucune expérience dans ce milieu là. Mais j’ai le droit de critiquer (ce que font tous les spectateurs dès qu’ils sortent de la salle, à la différence qu’ils n’ont pas tous un blog).

      Et je vous assure une chose : je n’ai pas perdu mon temps puisque j’ai aimé le perdre à écrire ça. 🙂

      La critique est facile, blabla, hop nous sommes en 2011. COUCOU !

    • Jep said, on décembre 27, 2011 at 6:38

      Cette logique ne mène à rien.

      Si les films sortent en salle c’est pour être vus et critiqués. Non ?

      Si on suit votre logique, on devrait s’asseoir dans la salle, regarder, puis partir, point. Vous trouvez ça productif et utile ?

      Le coup du « on ne critique ce qu’on ne serait pas capable de faire soi-même » a vraiment tendance à m’énerver. C’est le mode de pensée le plus abrutissant possible, c’est stupide. Dans ce cas ne va plus au ciné, ni au musée, n’écoute plus de musique… Pas le droit de critiquer Picasso, pas le droit de critiquer Justin Bieber…

      Je sais pas, je dois pas être très clair, mais vraiment, vous pensez qu’il ne devrait y avoir que des critiques positives ? Encore une fois c’est de l’immobilisme intellectuel.

      Et puis entre nous il faudrait vraiment être naïf pour croire que Happy New Year est autre chose qu’un énième film à gros casting et au scénario reposant sur une dizaine d’histoires clichées, fait pour attirer les gens en salle et faire du fric pour rembourser les quelques millions qu’on a donné à De Niro et Pfeiffer pour qu’ils daignent se foutre dans le film.

      Et enfin je tenais à revenir sur le coup des « grands films cinématographiques qu’on peine à produire à notre époque », cette idée, au-delà de contenir un pléonasme assez amusant, est encore une fois fausse selon moi.

      Vous n’avez jamais pensé que si on n’avait l’impression que « c’était mieux avant » c’est juste que les daubes comme Happy New Year n’ont pas passé les 20/30/40 ans qui nous séparent de très grands classiques à partir desquels on crée une image idéale des films de l’époque, qui, loi du marché oblige, incluaient forcément de bons gros navets comme on en voit tous les ans, mais qui ont été oubliés, heureusement.

      En 2041, quand les gens iront voir Merry Christmas en 3D ils se diront « ah c’était bien l’époque des The Artist, Les Promesses De L’Ombre… » (je parle de ces deux là qui sont d’excellents films récents que j’ai vu il y a peu), l’histoire se sera chargée d’effacer les Happy New Year et autres Transformers 3.

      On trouve toujours d’excellents films de nos jours, mais c’est comme pour la musique, aujourd’hui les grands classiques de demain sont noyés dans une mer de daube, mais d’ici 10 ans des films de la décennie 2000-2010 ne resteront que les meilleurs.

    • Skugg said, on janvier 2, 2012 at 3:26

      Coucou,

      On est censé faire « confiance » aux grands realisteur etc. pour nous pondre des trucs bien, et aux « grands » acteurs pour y croire. Donc si cela ne marche pas, ils ont mal fait leur taf, non ?
      On fait confiance en un homme politique pour diriger un pays, si on est pas content, on se met a sa place et on laisse couler ?

      On critique quand on est conscient des competences d’un mec. C’est pourquoi tu verras souvent les premieres critiques sur un premier film qui sont pas si incisives que ca, on sait que le mec « debute » et on attend de voir une suite. Apres si t’as toujours fais des super bons films et qu’un jour tu ponds une merde, c’est partout pareil : tu te fais descendre comme si t’avais massacrer un orphelinat.
      Welcome in the real world.

  4. Ginger said, on décembre 27, 2011 at 5:49

    2011, l’évolution, mais pas pour tous apparemment 😉

  5. shabb said, on décembre 27, 2011 at 6:35

    ne pas critiquer est encore plus facile…

  6. Ataraxian said, on décembre 27, 2011 at 6:44

    Vous dites que les grands films sont durs à produire. N’est-ce pas une critique du monde du cinéma tout entier ?
    De toutes les manières, l’argumentaire ou le retour d’expérience suivant la critique exercée dans cet article met en défaut les éventuels plaidoyers des trouble-bon-goût dépensiers.

  7. Clovis said, on décembre 27, 2011 at 7:07

    Après ce commentaire j’ai cherché l’évolution quelque part mais j’ai pas trouvé …
    Peut etre le nombre de navets américains qui se multiplient comme le montre avec beaucoup d’humour cet article …
    Ca ce multiplient ces saloperie !
    En tout cas je trouve ca courageux (au prix d’une place et vu le temps perdu) d’aller voir des films qu’on sait pertinemment merdique juste pour les critiquer 🙂
    En tout cas j’ai bien rit autant de l’article que du commentaire du Mr freeze du dessus.

  8. Clovis said, on décembre 27, 2011 at 7:11

    Et puis j’ai oublié : avec quelques millions tout le monde peut faire des navets ca demande juste du temps et un peu de marketing et aussi quelque têtes d’affiche qui « illumineront » les superbes affiches de ces merdes.

  9. inposion said, on décembre 27, 2011 at 8:01

    Un point pour ATD, je suis complètement d’accord avec on top 11, c’est autant une perte de temps et d’argent pour le public. De plus la plupart des films hollywoodiens et la totalité des films qui sont cités dans cet article n’ont pas d’autre but que de soutirer un maximum d’argent des spectateurs; ce n’est pas de l’art, pas du cinéma, d’ailleurs c’est une insulte au cinéma. Les cachets des acteurs sont suffisamment gros pour qu’ils se laissent convaincre… mais moi je ne suis pas payée 🙂 alors autant etre franche n’est-ce pas?

  10. Maitre Capello Jr said, on décembre 28, 2011 at 12:01

    petite critique : après « après que » on emploie l’indicatif. Donc « après que je suis…. » et non pas « après que je sois ».

    • Ataraxian said, on décembre 28, 2011 at 8:59

      C’est l’inverse. Dans ce cas, c’est : « après que je sois allé voir… » mais le mieux reste encore d’éviter le subjonctif : j’ai changé après être allé voir le film.

      • Maitre Capello Jr said, on décembre 28, 2011 at 2:59

        « Après que » s’utilise pour parler d’un fait passé et donc réel. Aucune raison d’utiliser le subjonctif qui est censé introduire une incertitude.

  11. IX said, on décembre 28, 2011 at 1:23

    Y’a du vrai et du faux dans tout ça , mais bon en tout cas j’étais mort de rire devant ton article x)

  12. Kikra said, on décembre 28, 2011 at 9:57

    J’ai vu pas mal de films de cette liste (j’en ai apprécié aucun)…

    Et comme le dit ATD, il y a eu du bon et du mauvais cette année, les précédentes critiques le montrent bien. Cette année a connu de grandes bouses cinématographiques qui donneraient à Stanley Kubrick l’envie de se tirer une balle. Mais en opposition à cela, je trouve que cette année a été riche en bons films voir très bons. Dans différent domaines, que ce soit Drive dans sa catégorie, Insidious dans les films d’horreurs (pas aimé de tout le monde mais quand même pas mal à mon gout), Black Swan, 127 Hours, le discours d’un roi, True Grit, Tomboy etc…. (et je ne parle pas des films sortis le dernier trimestre afin d’être remarqué pour les oscars)

    Alors si ATD met en exergue continuellement les bons films alors, dans un soucis de pure équité bien évidemment (ah ah ah!), il est bon de montrer qu’il y a aussi des daubes et cela afin de nous faire apprécier d’avantage les bons films.

  13. Antoine Rondel said, on décembre 28, 2011 at 11:18

    Perso, je téléchargerai quand même Twilight. Nan parce qu’en ce moment je mate True Blood et il est temps pour moi de revenir à une chaste vision du vampirisme.
    Blague à part, je soutiens fermement l’idée que le lâcher de fiel, autant le faire sur un blog lu par des inconnus que sur ses proches. M’est d’ailleurs avis que le fiel, c’est pas ce qui doit manquer à la sortie de Happy New Year. Je sais pas si tu avais remarqué Louis, mais le réalisateur de cette daube avait également commis Valentine’s Day. Ya pas à dire, les gens s’acharnent, parfois…

    • Across The Days said, on décembre 28, 2011 at 5:40

      Grand fou va ! Parce que la fin de Twiight n’est pas aussi « chaste » que tu pourrais le croire, donc fais attention !
      J’avais vu oui que le réalisateur n’en était pas à son premier crime et je sens que son prochain sera intitulé « Indépendance Day » mais cette fois-ci sans extraterrestres mais avec des évangélistes. C’est parfois beau le cinéma américain.

      • Antoine Rondel said, on décembre 28, 2011 at 9:29

        Ou alors Thanksgiving, avec Katherine Heigl dans le rôle de la dinde. Temps de réalisation du film: le temps de rôtir la volaille.

  14. David said, on décembre 28, 2011 at 7:10

    Chanceux que je suis: je n’ai vu aucun de ces films donc… 😉

  15. 2011 EN CINÉMA « ACROSS THE DAYS said, on décembre 29, 2011 at 1:16

    […] Clavier réalisé pour essayer de faire remonter les cendres des Bronzés font du ski. Oubliez “Happy New Year” qui ne fête aucunement la nouvelle année mais bien la bêtise et l’alliance de […]

  16. Laura said, on février 4, 2012 at 12:46

    La comparaison avec le jpeg moche est parfaite !
    Dommage car Valentine’s day était bien mieux fait, j’avais apprécié. Pas un grand film certes, mais agréable, réjouissant et divertissant, c’est ce qu’on lui demande.

    Pour reprendre le débat, même quand on n’a pas les connaissances techniques pour critiquer un film, on est quand même capable de comparer et se rendre compte que l’effet n’est pas bon…
    Et même quand le film n’a pas de prétention autre que de simplement divertir, on peut regretter les jemenfoutismes de la production.

    Dans la liste des déceptions de l’année 2011, je rajouterais Hollywoo, drôle mais brouillon (sorti 7 décembre). Toutes les bonnes idées sont dans la bande-annonce. Dommage, il y avait du potentiel !


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