ACROSS THE DAYS

THE STROKES – ANGLES

Posted in ACROSS THE DAYS by Across The Days on mars 23, 2011

21 mars. Jour sacré pour pas mal de gens dans le monde, puisqu’il marque la sortie du 4e album des Strokes, Angles. De l’écriture périlleuse à la sortie distinguée par l’immonde pochette en passant par l’enregistrement foireux, il faut avouer que je n’attends pas grand chose de cet album. Julian Casablancas, le leader-glandeur nous avait déjà pondu une belle bouse solo l’an dernier, Phrazes for the young, puisqu’il s’emmerdait avec ses potes pas drôles et qu’il avait sévèrement besoin de cash pour se payer ses rails de coke. Ben ouais, attends, on peut pas être leader-glandeur d’un groupe qui a fait renaître le rock de ses cendres (selon l’expression appropriée) sans être un camé. Faut pas déconner, Julian il fait les choses bien. Tellement bien que l’aventure Angles est assez incroyable.

Artiste : The Strokes

Album : Angles

Style : Rock

Nationalité : US

Date de sortie : 21 mars 2011

Note : 6,5/10

Cette pochette, sérieusement… Je ne m’en remettrai jamais, je pense. D’habitude, les Strokes font dans le classe (First Impressions of Earth et ses bandes blanches), le catchy (Is This It ? et ses fesses nues) ou l’abstrait (Room On Fire), mais jamais dans le moche. Cet escalier de Penrose sort tout droit d’une école primaire, sans déconner. Et le damier en dessous, ce jaune aggressif, et puis ces bordures hideuses… Mais L’habit ne fait pas le moine, je me rappelle encore de l’horreur de la pochette de Congratulations de MGMT, qui était au final un excellent album, donc ne cédons pas aux a priori. L’album ayant fuité sur le net la semaine dernière (suivi de sa rapide mise à disposition sur le site officiel du groupe), je le juge avec une semaine d’écoute plus ou moins attentive. Déjà N°2 en France et au Royaume-Uni, Angles a été un accouchement très difficile pour le groupe.

Depuis 2006 et la sortie de leur troisième et un peu décevant First Impressions of Earth, les membres du groupe se sont lancés avec plus ou moins de succès dans des petites aventures solo, avant de se cracher dessus par médias interposés (le NME prenant généralement grand soin de relayer les piques). Problème : le groupe ne pouvait pas se quitter sur cet album, nonnonvraimentpaspossible. Sans oublier la manne financière hallucinante incarnée par le quintet. Il a donc fallu se remettre au boulot, tous ensemble, pour sortir un album.
D’habitude entièrement écrites par Julian Casablancas (du chant aux basslines en passant par les guitares), les chansons ont cette fois-ci été écrites par le groupe. Entier. Oui. « All songs written and arranged by The Strokes ». Nick Valensi a donc pu en profiter pour écrire, entre autres, Taken For A Fool. Cette généreuse idée a été qualifiée par Casablancas (toujours aussi condescendant) « Operation Make Everyone Satisfied » (« Opération Tout le monde est content »). Ces quelques mots montrent bien les tensions qui opèrent au sein du groupe. Un premier enregistrement a lieu, mais le groupe insatisfait jette les morceaux à la poubelle, et le producteur avec.

Le vide s’installe, et la question demeure : « Les Strokes réussiront-ils à sortir ce quatrième opus ? ». La solution est trouvée par Casablancas, qui s’isole pour enregistrer ses morceaux sans le groupe, qui doit donc bosser sans chanteur. Le processus inquiète, est qualifié comme « affreux » par Nick Valensi sur Twitter, qui finira par lâcher sa langue de bois habituelle pour avouer l’enregistrement invivable. Les petits bouts sont recollés ensemble, et le groupe n’a toujours pas explosé en vol. L’album sera repoussé, puis repoussé de nouveau…mais il finira par sortir. Alors que les White Stripes ont eu le courage d’arrêter pour « laisser au groupe ce qu’il a de si spécial et magique »,  les Strokes n’auraient-ils pas mieux fait d’en faire autant ? Angles est donc l’album de la dernière chance. Le cauchemar. Mais étonnamment, il n’est pas la catastrophe que l’on était en droit d’attendre. Il est l’album le plus éclectique du groupe, le moins cohérent, le plus court, mais peut-être aussi le plus intéressant.

L’objet ardemment attendu s’ouvre sur Machu Picchu, très bon morceau aux sonorités new wave qui passent pas mal avec le « son Strokes » que l’on reconnaît très vite. S’ensuit alors Undercover Of Darkness, single de l’album au clip très chic qui rappelle les premières heures du groupe. Si le son est très classe, le morceau est au final bien trop lisse pour être réellement apprécié. Heureusement, les new-yorkais délaissent leurs guitares enjouées pour se rapprocher du son electro si cher à Julian Casablancas sur son album solo : Two Kinds Of Happiness est donc un hybride assez peu réussi, ce qui n’est rien comparé à You’re So Right. Ici, le groupe pompe les excellents These New Puritans sans scrupule, pour un résultat très pâle, où le chant devient inécoutable. Comme son nom l’indique, Taken For A Fool nous prend pour des cons,  dans une parodie des Strokes bien trop fade pour être convaincante.

Mais le pire est à venir : dans Games, retour aux tonalités 80’s, et une sévère envie de gifler le Julian qui nous ressort ses synthés, venus droit de l’enfer quand c’est pour nous pourrir les Strokes. Call Me Back, plus simple, est plus réussie, mais montre en même temps les limites du chant de Casablancas. C’est indéniablement l’une des meilleures chansons de l’album, puisqu’elle ne nous agresse à aucun moment, ce qu’on ne peut pas dire de Gratisfaction et Metabolism, dont les titres ridicules n’étaient déjà pas de bonne augure. Pourtant, elles sonnent bien et nous rappellent de quoi ce (grand) groupe est capable. La belleLife Is Simple In The Moonlight, achève de nous en convaincre.

Oui, The Strokes est un grand groupe. Il est vrai qu’Angles est un album qui laisse sur sa faim (notamment à cause des belles chansons qui le finissent) parce que trop court. Il est incohérent, part dans tous les sens, mais est ce qu’ils ont sorti de mieux depuis Room On Fire. La demi-réussite du groupe pourrait même remettre le groupe sur les rails du studio, puisqu’ils plancheraient déjà sur un cinquième album.

Revenus du plus profond de l’Enfer, The Strokes nous offrent un album en demi-teinte qui ne sait pas où donner de la tête, mais dont les réussites sauvent le tout avec brio.

Sinh Blum

8 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. Arthur said, on mars 23, 2011 at 3:20

    De l’enfer j’suis pas trop sûr …

    • Fake Rebel said, on mars 23, 2011 at 4:58

      Il y a qu’à lire ce que dit Valensi pour être convaincu que c’est bien de l’enfer qu’ils reviennent… Si c’est pas l’enfer c’est son antichambre !

  2. Benoit Rajalu said, on mars 23, 2011 at 3:36

    Dites-donc, y’a de gros bouts de Pitchfork dans votre article. pas que, certes, mais quand même.

    • Fake Rebel said, on mars 23, 2011 at 4:56

      Ca m’étonne parce que ça fait quand même un petit bout de temps que je lis plus les critiques de P4k, et que j’ai pas non plus lu celle-ci.

      Le plus inquiétant je sais pas trop si c’est le plagiat inconscient (qui vient peut-être du fait que j’ai parlé de l’album avec un ami qui lui a probablement Pitchfork) ou que je me rapproche d’eux dans ce que je dis…

      • Fake Rebel said, on mars 23, 2011 at 5:08

        Je suis allé lire l’article de Pitchfork, donc, par curiosité. Les deux seuls points communs que je vois c’est « Operation Make Everyone Satisfied », que j’avais lu dans un article du New York Times un peu avant la sortie de l’album (et quant au pourquoi leur ‘condescending’ se retrouve dans mon « condescendant », j’avoue que c’est troublant… J’irai consulter, promis). L’autre point commun, c’est la comparaison aux White Stripes, qui n’est vraiment pas étonnant pour plusieurs raisons :
        a) je suis énorme fan des Stripes. ENORME.
        b) Les deux groupes sont associés de manière assez régulière.
        c) Je doute que Pitchfork soient les seuls à faire le parallèle, tout de même. 1 mois et demi après le ‘split’, c’est difficile de ne pas y penser.

        • Benoit Rajalu said, on mars 24, 2011 at 3:46

          Tout le monde fait en effet le parallèle, c’est juste que ces points communs et la ressemblance dans la formulation m’ont tout de suite fait penser à Pitchfork. Au-delà de ça, l’article n’est pas mauvais et l’avis non plus (un avis peut-il être mauvais lorsqu’il est justifié ?).

  3. Guillaume said, on mars 23, 2011 at 8:51

    Je trouve que c’est cette incohérence qui donne son charme à l’album. Il faut quand même avouer que You’re so Right est carrément osée et musicalement parlant excellente.
    Casser le rythme dans le fond ca peut être une bonne chose.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s